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DREAMCATCHER

Fondé en novembre 2001, DREAMCATCHER puise ses influences à la fois dans le Heavy Metal et le Thrash des 80’s. Après un EP 4 titres paru en 2006, le groupe, composé de Christian Garrel au chant, Denver et Geoffroy Lacarrière aux guitares, Radojica Pretovic à la basse et Nicolas Costes à la batterie, s’attaque maintenant à la composition et à l’enregistrement de son premier album.

Interview avec Chris et Rado réalisée le 6/11/2009 au Pacific Rock – CERGY (95)

FHMC : Bonjour les gars et merci de bien vouloir nous consacrer quelques instants au beau milieu des préparatifs du concert de ce soir au Pacific Rock.

Une première question pour Chris en raison de sa position de fondateur du groupe. J’ai entendu dire que DREAMCATCHER était initialement plutôt un projet studio qu’un groupe à proprement parler. Comment voyais-tu la chose ?

Dreamcatcher - Pacific Rock
Dreamcatcher au Pacific Rock – Cergy
Photo : Rock & Troll / FHMC

Chris : Quand j’ai parlé de projet studio, ce n’est pas réellement ça, je voulais dire un projet propre à moi… Je voulais avoir le contrôle et jouer ma musique parce que j’avais eu plein d’expériences avant où je n’étais pas le seul maitre à bord… C’est peut-être très dictatorial comme esprit mais je voulais écrire mes morceaux. J’avais trouvé à l’époque un guitariste qui m’accompagnait, on jouait ensemble et on écrivait nos morceaux et notre but était de les enregistrer puis quand tout serait vraiment bien en place, chercher des musiciens pour faire de la scène.

FHMC : C’est exactement ce que tu as réussi à faire…

Chris : Oui, le 4 titres a été enregistré avec ce guitariste et des musiciens de studio qui sont venus nous filer un coup de main, puis on a monté le groupe. Mais le projet studio a duré l’espace d’un mois avant qu’on s’aperçoive qu’on voulait de toute manière concrétiser la musique et la jouer sur scène. Donc si je dis que c’était un projet studio, c’est que dans un premier temps il n’y avait pas de groupe mais 2 personnes. Puis, comme le font pas mal de groupes, on a recruté des gens pour que ça devienne un véritable groupe.

FHMC : Je te posais cette question parce qu’au départ je me suis demandée si tu projetais d’écrire et de composer pour d’autres groupes et non pas d’interpréter toi-même ta musique.

Chris : Ah non non. C’était d’enfin arriver à 40 ans à être le boss. Enfin quand je dis ça, ça veut dire vraiment arriver à faire ce que je voulais.

FHMC : OK. Alors tu parlais de ce CD 4 titres qui est sorti en 2006. Il y a eu pas mal de chroniques plutôt élogieuses dans la presse mais on ne trouve absolument rien entre décembre 2007 et aout 2009. Et puis là, on le redécouvre depuis septembre 2009 à peu près, il y a eu pas mal de chroniques à l’étranger, Nouvelle-Zélande, Brésil et même aux USA, donc je suppose que la promotion a repris …

Chris : Il y a deux périodes : 2006, la sortie du CD, le recrutement de musiciens pour constituer un vrai groupe, 6 mois pendant lesquels on joue très souvent en région parisienne, on va même jusqu’à jouer en Angleterre, et les gens avec lesquels je suis ont l’air impliqués dans le truc. Cette période couvre octobre 2006 jusqu’à mars 2007. En mai 2007, les gens avec qui je suis s’aperçoivent qu’ils ont envie de faire autre chose alors que l’objectif à ce moment était d’enregistrer l’album. Les gars se sont aperçus que ce n’était pas leur histoire ou peut-être que je suis quelqu’un de difficile à vivre, je ne sais pas…

Rado : Ce n’est pas le cas.

Chris : Et donc je me retrouve tout seul pendant 6 mois avec des compos, plus de groupe et à me demander ce que je fais mais avec l’envie de continuer parce que c’est mon bébé. A cette époque, j’avais un projet de tournée avec COVERSLAVE, Paul Di’Anno et DREAMCATCHER en 1ère partie. On devait faire quelques dates, donc j’ai recruté des gens un peu par rapport à ça, des amis à moi, des gens que je connais, qui sont peut-être plus âgés que ceux que j’avais précédemment, qui sont peut-être plus dans la même optique que moi, à qui je présente dès le départ le projet en leur disant que c’est mon projet. Bien sûr j’ai envie qu’ils le partagent avec moi, bien sûr j’ai envie qu’ils amènent leurs idées, mais à la base c’est mon truc. Donc je retrouve des gens et ce projet de tournée avec Di’Anno tombe à l’eau. Mais on a la convention IRON MAIDEN et le Clive Aid qui arrivent et c’est ce qui permet de souder tout le monde et de faire notre premier concert.

FHMC : Cette convention Cliveaid, cette « Nuit à Paris » pendant laquelle on a pu écouter Paul Di’Anno en personne accompagné de COVERSLAVE était donc le premier concert de la nouvelle formation.

Chris : Oui, je suis allé chercher des gens qui jouaient déjà dans d’autres groupes : Denver avait son propre groupe, Geoff également, Rado jouait plus ou moins avec des copains et avait des projets et le batteur de l’époque était Speedos, le batteur d’EVIL ONE.

Donc on est reparti sans vraiment savoir ce qu’on allait faire mais il y avait toujours ce projet d’album. Puis Speedos nous a quitté car EVIL ONE était vraiment en train de démarrer. Donc on s’est retrouvé de nouveau un peu coincé. Ce soir, ça va être notre premier concert avec notre nouveau batteur.

Entre temps, au mois de février, on a eu l’opportunité de faire un clip vidéo, Rado connaissant des gens dans le milieu de l’audiovisuel. On a enregistré un clip avec notre nouveau batteur pour une émission consacrée au paintball.

Puis on décide d’enregistrer l’album. Donc je me retrouve aux mois de juillet-aout avec un nouveau MySpace, parce que le gars qui avait monté le précédent s’était barré avec, et je me dis que je vais commencer à voir ce qui se passe au niveau des contacts à l’étranger et que je vais faire reparler de DREAMCATCHER en présentant ce 4 titres comme une carte de visite. On avait déjà bien écrémé au niveau de la presse française mais on n’avait pas trop poussé à l’étranger. Avec MySpace, les contacts sont facilités et je me dis que c’est le moment de ranimer la flamme et de refaire un buzz autour du groupe parce qu’on est en train d’enregistrer l’album. Voilà.

FHMC : Concernant les titres du EP, tu es seul auteur-compositeur je crois. Et pour l’album ça va être pareil ? Parce que tes compos sont déjà prêtes depuis un moment apparemment…

Chris :
Certaines compos sont déjà prêtes mais il y a eu avec le nouveau groupe beaucoup de réarrangements de tous les morceaux. Ils ont la même structure mais n’ont plus vraiment la même tête parce que ce ne sont plus les mêmes musiciens qui les jouent et surtout parce que ces gens s’impliquent beaucoup plus.

FHMC : Tu as maintenant trouvé des musiciens qui sont vraiment dans le projet…

Chris : J’avais trouvé des gens qui étaient de parfaits musiciens mais qui étaient en quelque sorte des exécutants. Dans ce cas, d’un côté tu as ton libre-arbitre et tu fais tout ce que tu veux soit, mais de l’autre, personne ne t’apporte de créativité. Alors que ce nouveau line up propose des choses. Beaucoup de choses ont donc été revues dans les titres. Comme chaque guitariste a des influences différentes, thrash limite death pour l’un, heavy pour l’autre, même si c’est moi qui ai écrit les bases, il y aura une sonorité très différente et il y aura également 1 ou 2 morceaux qu’on aura écrits ensemble.

FHMC : Ça doit faciliter la vie de retrouver un vrai groupe, une certaine cohésion…

Dreamcatcher au Pacific Rock
Dreamcatcher au Pacific Rock – Cergy
Photo : Rock & Troll / FHMC

Chris : C’est rassurant mais je ne suis pas né d’hier, je joue depuis l’âge de 17 ans. Les problèmes de line-up, les gens qui partent, qui reviennent, ça fait partie de la vie d’un groupe. A chaque fois j’y vais avec toute mon innocence et je me dis toujours que ça va être la bonne. C’est une chose à laquelle je suis habitué. DREAMCATCHER c’est la consécration d’années à composer de la musique, à jouer dans des groupes, à rencontrer des gens. Je commence à avoir un gros tissu de relations et aussi beaucoup de connaissances dans ce milieu et même du milieu en lui-même et aujourd’hui je sais mieux comment le faire qu’il y a 20 ans.

FHMC : Alors ce prochain album, vous pouvez nous en parler un petit peu ? Dans quel état d’avancement est-il, qu’est-ce qu’il va raconter ?

Rado : Pour l’instant, c’est l’ossature basse-batterie qui se met en avant. On attend les guitares, à savoir Geoff… tous les deux font la même chose mais Geoff étant plus rythmique que solo, même si ça ne veut rien dire en fait… donc on attend les guitares puis après la voix sera posée. Donc ça avance, doucement puisqu’on a chacun nos métiers différents. Moi je suis technicien son donc je travaille un peu de nuit mais on arrive à lier ça, on arrive à répéter, à proposer des choses pour les concerts, on est tout le temps assidus par rapport à tout ça. Ça avance doucement mais ça avance.

Chris : Il y aura les 4 compos du 4 titres qui vont être réarrangées, réenregistrées, 4 nouveaux morceaux qui sont déjà écrits, et encore 1 ou 2 autres morceaux. Je souhaite au moins 1 morceau écrit en commun ou un instrumental s’ils ont envie de donner totalement libre-cours à leur passion. Mais il y aura en tout au moins 9 morceaux sur l’album.

FHMC : Et une date de sortie est-elle déjà prévue ?

Chris : Ça dépendra de l’avancement de l’enregistrement et de ce qu’on en fait. Je pense que l’album sera mixé et enregistré avant la fin du 1er semestre 2010. Il sera disponible en promo pendant une période de quelques mois, puis on tentera de trouver une maison de disques ou au moins une boite de distribution. Il ne faut pas oublier que ce n’est qu’un 1er album. Si on ne trouve pas de distributeur et bien ça sera un autoproduit, on bossera sur le second album et il y aura toujours des concerts pour faire un peu la promo mais aussi pour renforcer encore les liens entre les gens du groupe et le faire vivre.

Rado : Cet album devrait bien sonner. Je bosse dans un studio qui travaille avec tous les grands comme Mylène Farmer, tout ce qui est français, donc on a la chance d’avoir en plus des techniques d’enregistrement, le matériel à disposition, mais les studios doivent être libérés en fonction du planning de chacun. C’est pour ça que ça prend un peu de temps. Mais on préfère prendre du temps à faire quelque chose de bien que de faire ça à la va-vite et en fin de compte s’apercevoir que les compos sont bien mais le rendu mauvai »
Je pense aux jeunes qui montent des groupes, qui ont 20 ans de moins que nous, ils ont d’autres projets. On m’a dit : « Je veux faire un album qui pourra plaire aux autres ». C’est une erreur. Je pense que quelque chose de sincère, c’est ce qui marche et c’est ce qui se passe chez nous en fait. On a une base commune, et on laisse libre-cours. Même si les compositions viennent de Chris, il y a plein de choses qui se greffent autour et tout ça, ça fait une potion magique qui prend et voilà. Donc ça se passe bien et c’est pour ça qu’on laisse finir les choses doucement. On préfère faire ça plutôt que d’aller vite pour plaire aux gens. Ce n’est pas le but. Le but c’est que ça soit naturel.

Ce qui est intéressant par rapport au groupe, c’est qu’on a réussi à se trouver quand bien même chacun venait d’un monde différent… Enfin pas si différent que ça puisqu’il y a quand même le père ou la mère MAIDEN qui est au-dessus de tout ça… C’est ce qui nous lie…

FHMC : Vous êtes tous fans de MAIDEN dans le groupe ? Quelles sont vos influences respectives ?

Rado : Le batteur moins que nous, il écoute bien sûr, mais tout le reste on est fan de chez fan. Et ça nous fait un tissu commun.

Chris :
Ce qui est vraiment vraiment amusant, ce sont les influences des musiciens. On avait un son différent quand Speedos jouait avec nous parce que Speedos, son style de prédilection, à la base, c’est le thrash. On a un son différent avec Nico parce qu’il a un jeu plus moderne.

Rado : Oui moderne. La mitraillette… (imitation de Rado !)

Chris : Donc c’est vrai que chaque musicien amène son influence. Après ça veut dire quoi « quelles sont nos influences ? ».

FHMC : Pour connaitre les gouts de chacun on va dire…

Chris : Claude François c’est mon influence. J’entends quelque chose à la radio, je le capte. Tout ce que tu as autour de toi t’influence. Alors plus que d’influence, tu peux parler de groupes que tu aimes ou de groupes qui…

Rado : Qui t’interpellent plus que d’autres.

Dreamcatcher au Pacific Rock
Dreamcatcher au Pacific Rock – Cergy
Photo : Rock & Troll / FHMC

Chris : Voilà. Moi, ce n’est un secret pour personne, je suis un très très gros fan d’IRON MAIDEN et forcément ça doit se ressentir dans ma musique. Mais quand tu écris de la musique, tu fais vraiment super gaffe à ce qu’aucun de tes riffs, aucun de tes morceaux ne ressemble… Que ce ne soit pas un copier-coller. Tu essaies toujours de faire très attention à avoir quelque chose d’original. Enfin, l’originalité n’existe pas parce qu’aujourd’hui je pense que dans le rock en général, tout a déjà été écrit, les combinaisons d’accords ont toutes été faites. Après c’est la combinaison des différents musiciens qui va donner une couleur particulière. C’est aussi la manière dont tu le vends, c’est le nom, c’est l’univers que tu amènes autour, c’est ce qui va te différencier d’un autre groupe. Quand je parle de se vendre, il y a des centaines de milliers d’excellents groupes. Tu vas sur MySpace, tu en trouves des centaines de milliers. Qu’est-ce qui fait la différence entre un bon et un mauvais ? C’est qu’il y en a un qui saura peut-être plus se vendre qu’un autre.

Rado : Je dirais qu’au-delà de ça il y a la sincérité des choses. Tout à l’heure quand je t’ai dit en m’asseyant à ta table « avec plaisir », c’est vraiment avec plaisir, ce n’est pas pour vendre une promo ou pour quelque chose. Ça fait partie d’un tout et on a ça en commun. Si tu es là ce soir, c’est parce que tu as quelque chose à partager aussi.

Chris : Là où je rejoins Rado, c’est que lors de ma précédente formation, les gens jouaient extrêmement bien… C’est fabuleux de voir l’œuvre que tu as créée jouée par des gens qui semblent prendre plaisir à le faire, et c’est excellent de faire des concerts avec ce que tu as écrit… Quand je créais mes morceaux, j’avais un dictaphone et je chantais mes riffs (démonstration !). Dès que j’avais une idée, je l’enregistrais. Arriver à ça, c’est déjà une super étape. Mais ces gens-là étaient des musiciens mais pas mes amis. Et là… je ne vais pas dire que Rado je le vois tous les jours, qu’on se fait des bouffes, parce qu’on a tous une vie professionnelle, une vie familiale, …

Rado : Et on est géographiquement pas proche non plus.

Chris : On n’est pas tout le temps collé les uns avec les autres. Mais dans ce groupe, on sent que les gens s’apprécient et sont des amis.

FHMC : Alors j’ai une dernière question, qui est moins en rapport avec DREAMCATCHER. Que pensez-vous du regain d’intérêt actuel pour la scène metal française et de la reformation d’anciens groupes comme Blaspheme ou Satan Jokers pour ne citer que ceux-là ?

Chris : A mon avis, ce n’est pas un regain pour l’ancienne scène française, mais un regain général pour les vieux groupes. C’est bien parce que ça permet à des gens qui ont connu cette époque-là de la revivre et aux jeunes qui ne l’ont pas connue de la découvrir. Mais que ce soit pour la scène française ou pour les vieux groupes comme JUDAS PRIEST ou MEGADETH qui font des tournées en commun, il ne faut pas se leurrer. Pourquoi on fait ça ? C’est parce que tout ce qui est nouveau, la nouvelle création n’intéresse pas grand-monde. Aujourd’hui pour remplir les salles, il faut souvent que des ex gros groupes se reforment pour pouvoir attirer du public. Alors oui ça fait plaisir de voir ces groupes-là, ce sont des groupes avec lesquels on a grandi, oui ça va faire plaisir à Nico, qui a à peine 20 ans et qui ne les a jamais connus, de les voir sur scène, mais quelque part je me demande quelle est la place pour de la création et pour de nouveaux groupes ?

FHMC : En même temps tu disais que tout avait été fait, qu’il n’y avait plus rien à inventer

Chris : Aujourd’hui, on n’est pas en train d’inventer, on n’a pas trouvé une potion magique, même si Rado le dit (rires). On essaie de faire évoluer un style qu’on aime et on essaie de le faire évoluer par le son, par la manière de le réécrire peut-être, mais techniquement tout a été inventé. Mais ce n’est pas parce que ça a été déjà inventé que ça ne doit pas toujours continuer à exister. Et puis j’ose espérer, sinon je ne le ferai pas, qu’il y a des gens qui ont encore de la curiosité, qui veulent découvrir de nouvelles choses. Mais il ne faut pas se leurrer, il y a une crise du disque comme jamais on n’en a connue, et même les salles de spectacles sonnent super creux. Il n’y a pas de la place pour tout le monde mais ce n’est pas grave en soi tant que tout se fait avec la passion. C’est ça l’idée, tant qu’on aura les moyens, et aujourd’hui c’est génial parce que les moyens on les a plus qu’avant. Aujourd’hui, n’importe qui, s’il s’en donne la peine – parce que c’est quand même beaucoup de boulot, enregistrer en numérique, … – tant qu’on aura la possibilité d’enregistrer des albums, tant qu’on aura la possibilité de faire des concerts, on continuera, mais par passion.

Maintenant je suis allé la semaine dernière voir SATAN JOKERS en concert, j’étais comme un gamin bien sûr. Le jour où IRON MAIDEN va s’arrêter, je serai malheureux. Mais je pense qu’ils s’arrêteront un jour et ça sera normal. Je vais être super méchant par rapport à la scène française, mais cette scène française n’a jamais été à la hauteur de la scène anglo-saxonne, jamais.

FHMC : On dit que le problème des groupes de metal français c’est justement d’être français.

Chris : Moi je ne me présente pas comme un groupe français. Les gens qui disent je suis fan de groupes de heavy metal français qui chantent en français, c’est bien mais c’est extrêmement réducteur.

Il y a effectivement de très bons groupes mais tu prends un BLASPHEME ou un SORTILEGE, qui ont vraiment marqué leur époque, tu les compares à ce que faisait IRON MAIDEN en 82 ou 83, mais ils étaient à des années-lumière de ça. Après il y a eu des groupes qui ont duré un peu plus longtemps et qui sont plus implantés comme ADX par exemple. Mais quand je vois Renaud Hantson, il a connu sa carrière solo, il a connu le succès avec Starmania, avec SATAN JOKERS il avait un certain succès, il est sûr qu’on vendait plus d’albums de SATAN JOKERS qu’on doit vendre d’albums d’ADX aujourd’hui, mais il ne retrouvera jamais cette gloire. Est-ce qu’ils auront la foi de continuer dans ces conditions ? Parce qu’ils ne retrouveront pas le succès.

Dreamcatcher au Pacific Rock
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Photo : Rock & Troll / FHMC

Aujourd’hui le marché de la musique est tellement éclaté, il y a tellement de styles, il y a presque trop de groupes. Quand j’étais gamin, je pouvais quasiment acheter tout. J’étais un gros collectionneur de disques et j’avais un gros pouvoir d’achat parce que j’ai commencé à travailler très jeune. Quand il y avait une nouveauté je pouvais l’acheter. Aujourd’hui, les bacs sont pleins de groupes, j’en connais un dixième. Il y a de la place pour tout le monde, la preuve on est là ce soir, il y a moyen de faire des petites choses, de faire plaisir à des gens, mais quand on parle de résurgence du metal, j’ai l’impression que c’est notre petite guerre de village, on est dans notre microcosme.

C’est comme quand je suis sur un forum IRON MAIDEN, les gens sont repliés entre eux et s’imaginent que leur truc est énorme. Même si IRON MAIDEN est un très gros groupe… IRON MAIDEN vient de sortir un film, Michael Jackson sort un film, IRON MAIDEN est projeté un jour dans l’année, et quelques temps après le film sort en DVD. Le film de Michael Jackson va faire la une pendant des semaines au cinéma. IRON MAIDEN aussi grand soit-il ne peut pas avoir une sortie en salle à l’UGC donc il faut quand même se rendre compte à un moment donné qu’on est dans un tout petit monde.

Rado : Mais ça c’est le heavy metal en général… Je ne suis pas persuadé de ce que tu dis. Au niveau taille, au niveau entrées en concert, sur la scène française je suis d’accord, tu n’amènes pas grand monde. Mais je suis persuadé que quel que soit le style de musique, que tu fasses du jazz, de la funk, tout ce que tu veux, si la musique est bonne, tout est bon. Il faut que ta mélodie soit bonne. Maintenant effectivement, sur la scène française (moi je suis un fan de Zouille, c’est un mec que j’adore), je suis d’accord avec toi au niveau des entrées, au niveau du montage des concerts, il y a un regain d’intérêt mais ça restera petit.

Chris : Mais le dernier album de SATAN JOKERS est monstrueux…

Rado : Il y a une dizaine d’années peut-être, ils avaient ressorti des CD de SORTILEGE. J’étais dans un magasin sur les Champs et il y avait un Japonais qui a tout acheté sur SORTILEGE. Donc ça fonctionne là-bas, ça ne fonctionne pas trop ici.

Chris : Ce que tu peux dire, c’est que quand ta musique est bonne, elle trouvera toujours un public.

Rado : Bien sûr, mais de toute façon les ventes de CD sont très faibles. A part AC/DC, MAIDEN, BLACK SABBATH, c’est à peu près tout. Un groupe comme EVERGREY, c’est gigantesque et pourtant ici ça ne l’est pas. C’est comme ça. Tu vas en Allemagne, tu vas au Japon, tu vas en Hollande, c’est autre chose. Il faut relativiser par rapport à ça. La scène française est comme ça depuis des années et je ne pense pas qu’il faut se formaliser par rapport à ça.

FHMC : Merci beaucoup de nous avoir accordé ce très très long entretien.

On dit que l’attrape-rêves renferme le destin du futur. FHMC vous souhaite bonne chance les gars, bonne chance DREAMCATCHER !

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