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BLAZE BAYLEY : Endure And Survive – Infinite Entanglement Part II (2017 – Blaze Bayley Recordings)

Le Capitaine William Christopher Black est de retour avec ce 2nd volet de la trilogie  démarrée l’année dernière avec le très réussi « Infinite Entanglement » qui montrait un Blaze Bayley au mieux de sa forme épaulé par des musiciens de 1er choix et un compositeur talentueux en la personne de Chris Appleton (également guitariste du chanteur anglais et chanteur / guitariste d’ABSOLVA).

Comme on le dit souvent, on ne change pas une équipe qui gagne et nous retrouvons donc les mêmes protagonistes sur cet « Endure And Survive ».

Pour être franc, j’avais quelques craintes avant l’écoute de ce nouvel album craignant que tout le meilleur matériel ait été utilisé pour le 1er volet. Mais c’était sans compter sur l’immense talent composition de Chris Appleton, Michelle Sciarrotta et bien entendu Blaze Bayley, car ce nouvel opus égale sans forcer son prédécesseur et le surpasse même en certains points.

Tout d’abord, ce qui frappe à sa première écoute et sur l’ensemble des chansons, c’est un meilleur équilibre au niveau du mix des instruments et également des guitares mises plus en avant et du coup avec le chant se mariant mieux avec les instruments.

Un autre amélioration concerne les passages narratifs un peu plus nombreux sur ce 2nd volet, pouvant être entendus soit dans les morceaux, soit au début ou la fin des titres, cela renforçant encore plus la cohésion du concept album, sans jamais trop en faire, jamais trop longs mais rajoutant à la force de l’histoire du personnage : on se trouve totalement immergé dans l’histoire du Capitaine Black.

Mais la grande force de l’album sont bien entendu les chansons et l’interprétation de Blaze, magnifique sur certains titres comme sur « Eating Lies » sur lequel Blaze n’a jamais aussi bien chanté. Le chanteur anglais s’est surpassé sur ce disque, assurant un chant magnifique, varié et toujours très poignant.

Autant « Infinite Entanglement » se voulait un album très direct, autant le travail d’arrangements tient une part plus importante sur ce nouveau disque avec des morceaux à la structure un peu plus complexe comme sur l’épique  «Together We Can Move The Sun » avec des belles guitares acoustiques ici et là dans le morceau secondées car la guitare heavy de Chris Appleton, les chœurs mais aussi le chant féminin de Joanne Robinson se mariant parfaitement à la voix de Blaze.

Cependant, Blaze n’a pas oublié des brûlots taillés pour la scène comme ce « Blood » qui porte bien son nom et s’avère être un vrai carnage, avec la basse de Karl Schramm à la fête (cette intro !) , cet énorme riff de Chris Appleton et ce rythme effréné tenu par Martin McKnee. Assurément l’un des meilleurs titres de l’album, tout comme « Escape Velocity » et son refrain contagieux et également « Fight Back » et ses belles parties de guitares toujours très mélodiques.

A ce sujet, les amoureux de la 6 cordes en seront pour leurs frais tant l’album regorge de parties de guitares en harmonies, ou soli comme sur le prenant « Dawn Of The Dead Son » magnifique du début à la fin, avec des chœurs présents (comme sur quasi tous les titres) et rajoutant à ce côté opéra metal de l’opus, assurés par les musiciens de Blaze mais également par Luke Appleton (ICED EARTH & ABSOLVA), Anne Bakker, Liz Owen, Michelle Sciarrotta , Joanne Robinson et Mel Adams.

En milieu de parcours, l’album s’octroie une accalmie bien venue grâce à « Remember », une très belle pièce entièrement acoustique ayant un léger côté celtique accentué par un … accordéon (par Corvin Bahn) , un violon (par Anne Bakker) et les guitares acoustiques de Michelle Sciarrotta et Thomas Zwijsen. Une bien belle réussite que cette chanson, surpassant « What Will Come » de l’album précédant, et se fondant bien mieux parmi les autres titres.

Alors oui, « Endure And Survive » est une claque, une sacrée bonne surprise car rares sont les artistes, ayant déjà une carrière discographique bien fournie et de qualité, et étant arrivés à enregistrer 2 albums de suite autant réussis. Aucun titre faible, et au contraire les 10 pistes représentent ce qu’on pouvait espérer de mieux de la part de Blaze Bayley, celui d’un artiste au sommet de son talent, étant arrivé à digérer bon nombres d’épreuves, les assimiler et s’en servir pour produire un opéra metal d’une très grande qualité, toujours passionnant et superbement arrangé. Vivement la suite et fin de cette trilogie qui, soyons en sûr, fera date dans l’histoire du rock.

Note : 9+/10

Tracklist :

  1. Endure And Survive
  2. Escape Velocity
  3. Blood
  4. Eating Lies
  5. Destroyer
  6. Dawn Of The Dead Son
  7. Remember
  8. Fight Back
  9. The World Is Turning The Wrong Way
  10. Together We Can Move The Sun

Disponible à l’achat ici : Endure And Survive

DEBACKLINER : Debackliner (2016 – Pitch Black Records)

L’histoire entre la France et le heavy metal n’a jamais été facile. Il y a eu certes une époque, les années 80, durant laquelle les groupes leaders faisaient des tournées de 20 dates en France (IRON MAIDEN, SCORPIONS, ACCEPT), les groupes français se comptaient par dizaines et arrivaient à partir en tournée dans l’hexagone. Mais comme dirait l’autre, ça c’était avant.
A l’inverse d’autres pays comme l’Allemagne, l’Angleterre ou les pays scandinaves, la France n’est plus la terre de prédilection du heavy metal, et ce depuis longtemps. Alors oui, un IRON MAIDEN, un SCORPIONS ou METALLICA attirent encore les foules le temps de quelques dates, mais on est loin des concerts à foison des 80s ou encore de ce qu’il se passe chez nos voisins germains. De plus, on parle là de groupes ayant une carrière de plus 35/40 ans derrière eux. Certains disent que la relève tarde à arriver, qu’il n’y a pas de jeunes groupes de heavy dignes de ce nom et préfèrent porter toute leur attention sur les groupes faisant le buzz avec des shows hollywoodiens cachant souvent leur pauvreté musicale. Car en 2016, c’est ce qui marche auprès de la jeune génération : la démesure, la surenchère visuelle, les shows en énormes festivals ou immenses salles plutôt que dans des lieux à taille humaine. On en vient presque à mettre la musique au 2nd plan.
A ces gens là, j’ai envie de dire .. ou plutôt de hurler « enlever vos œillères », regarder à côté de chez vous et surtout écouter plutôt que d’affirmer que ce qu’il y a ailleurs (à l’étranger) est toujours meilleur ! Car la France regorge de jeunes groupes talentueux de heavy metal comme HEAVYLUTION, EXISTANCE, STONECAST, SILVER MACHINE ou encore DEBACKLINER.

Et il s’agit de ces derniers dont je vais vous parler maintenant. Le groupe s’apprête à sortir leur 1er album le 21 octobre sur le label Pitch Black Records, et quel album !
Mais auparavant, quelques mots sur l’histoire du groupe : DEBACKLINER est né des cendres du groupe marseillais THE OMEGA formé en 2006. Le groupe proposait à leurs débuts un heavy metal fortement ancré dans les 80s et influencé par IRON MAIDEN. Le groupe donna quelques concerts, participa à des tremplins mais dut subir le départ des certains de leurs musiciens. Ayant du mal à se stabiliser, le groupe engagea un nouveau chanteur, Jtrom (officiant déjà dans le groupe de death metal  ERADIKAL INSANE). Ce choix eut un impact direct sur le style musical du groupe qui lâcha son heavy metal pour un metalcore avec un chant hurlé. La formule ne dura pas longtemps, le groupe ayant perdu son identité et se sépara … pour repartir sur des nouvelles bases et revenir à style orienté heavy/power metal. Pour se faire, les musiciens se mirent en quête d’un chanteur heavy pouvant leur apporter le petit quelque chose qui leur manquait pour passer un palier et pouvoir enregistrer sereinement leur 1er album.

C’est sous l’impulsion de leur producteur Tom Tiberi que le groupe fit auditionner Bob Saliba, plus connu jusque là comme guitariste soliste de STONECAST. Bien leur en prit, car ils venaient de dégoter la perle rare, le chanteur possédant une voix puissante et magnifique collant à merveille aux compositions du groupe.

Mais venons en à ce 1er disque qui nous intéresse et autant le dire tout de suite, le groupe a fait très fort : les 5 musiciens ont travaillé d’arrache-pied  avec leur producteur chaque titre dans les moindres détails afin qu’ils aient l’impact maximum sur les auditeurs. Le 1er titre Pandora est à cet égard une merveille de heavy puissant, mélodique et un brin épique qui résume parfaitement la musique du groupe. Certainement le titre le plus accrocheur de l’album avec un sacré refrain mis en valeur par la voix rauque et splendide de Bob, rappelant un certain Jorn Lande, et également les nombreux soli mélodiques faisant mouche et les harmonies de guitares dans la seconde partie du morceau qui bien entendu nous rappelleront Maiden. On notera également la batterie bien mise en avant (surtout la double grosse caisse) donnant du mordant et un côté moderne à la musique du groupe.

Sans rentrer dans le détail de chaque titre, le groupe a appliqué cette formule magique sur la quasi totalité de leurs morceaux, certains plus courts et allant à l’essentiel comme les brûlots  Werewolf, Mr Jack, un autre ayant une légère influence orientale dans le chant de Bob (Erase The Hordes), ou possédant une bien belle intro faisant la part belle aux guitares et la basse avant de partir sur un rythme d’enfer comme sur le magnifique  Children Of The Night . L’une des pièces centrales de l’album est certainement l’épique The Omega  avec son refrain fédérateur et son break instrumental avec une splendide orchestration.

Le seul petit bémol est l’utilisation du chant hurlé/growl (du guitariste Rémi) sur 2 titres que je ne trouve pas à sa place dans la direction musicale choisie par le groupe, comme sur Rise Of Angel, morceau le plus faible du disque, ou sur Circle (moins flagrant sur ce titre) qui font perdre une partie de l’identité du groupe.

Mais cela n’est vraiment pas grand-chose tant la qualité générale de l’album est excellente

La grande force du groupe sur cet album est donc d’avoir réussi à marier un côté heavy (grâce aux guitares de Rémi et d’Eric, à la basse galopante à la Steve Harris de Thomas, et une batterie vraiment énergique) et une approche toujours très mélodique et accrocheuse au travers de la magnifique voix de Bob Saliba, le tout mis en valeur par l’extraordinaire travail du 6ème homme du groupe, Tom Tiberi qui a su donner au groupe un son à fois heavy et moderne.

Le pari est donc gagné pour les marseillais, qui ont réussi avec ce 1er album à proposer tout ce qu’on peut attendre d’un heavy/power de qualité avec une touche de modernité bien venue.

Un album que je vous conseille fortement !

Morceau préféré : « Pandora »
Morceaux qui déchirent : « Werewolf », « The Omega », « Erase The Hordes »
Morceau bof : « Rise Of Angel »

Note : 8.5/10

  1. Pandora
  2. Rise Of Angel
  3. Children Of The Night
  4. Werewolf
  5. Erase The Hordes
  6. Mr.Jack
  7. The Omega
  8. Jolly Roger
  9. Circle

Titre à écouter :

SNAP BORDER : Alternative Current Box (2016 – Autoproduction)

Ce qui est bien avec la musique, c’est qu’elle peut nous surprendre dans des styles que ne sont pas forcément ceux qu’on affectionne le plus habituellement. Tiens, prenez mon cas, je suis fan devant l’éternel d’IRON MAIDEN, de heavy metal et de musique faisant du bruit et je me suis retrouvé à redécouvrir il y a peu les premiers albums du FUNKADELIC de George Clinton ou les 2 premiers albums de CORDUROY avec leur acid-jazz qui ferait swinguer un grille-pain !

Quand la musique est bonne et qu’elle arrive à provoquer du bien-être à son écoute, qu’elle déclenche une envie irrésistible de secouer la tête ou bien de se déhancher comme un malade, c’est qu’elle a atteint son but. Au Diable les étiquettes et les genres.

Tout cela pour dire que je n’étais pas prédestiné à kiffer autant une musique telle que celle du 1er album de nancéiens de SNAP BORDER. Mais étant d’une nature curieuse et toujours à l’affut des belles découvertes, j’ai donné sa chance à cet album, et bien m’en a pris !

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BLAZE BAYLEY : Infinite Entanglement (2016 – Blaze Bayley Recordings)

Blaze Bayley est un sacré personnage, un combattant de chaque instant qui n’a jamais cessé de se prendre des baffes par la vie souvent injuste mais il a toujours réussi à se relever pour repartir de l’avant. Le chanteur anglais ne fait pas partie des pleureuses qui baissent les bras aux premières difficultés, il ne fait pas partie de cette « génération festival » pour qui le metal se consomme entre 2 big macs en surfant sur le web sur le smartphone plutôt que de vivre pleinement un concert. Il vit, respire, transpire le heavy metal.

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ABSOLVA : Never A Good Day To Die (2015 – RockSector Records)

ABSOLVA est né des cendres de FURY-UK en 2012, suite au départ du bassiste Luke Appleton pour ICED EARTH. Auparavant, FURY-UK avait connu un bon succès en Angleterre mais aussi en Europe après avoir tourné avec SAXON, ICED EARTH, MSG, BLAZE BAYLEY. Le groupe avait sorti 3 excellents albums de heavy metal (avec une touche de thrash) dont le génial VR , véritable recueil de pépites heavy et épiques regorgeant de soli de guitares et une basse bien présente comme sur le très bon Death By Lightning.

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